Un module de formation conçu par Ludovic Piquemal, spécialiste de la découvrabilité pour bibliothèques depuis 2012 - formation exercée à l'Enssib
Chaque jour, les bibliothèques rivalisent avec des plateformes qui captent l'attention à une échelle que le secteur public ne peut égaler : un portail de médiathèque affiche en moyenne un taux de fréquentation dérisoire face aux 200 millions de vues quotidiennes de YouTube. Pourtant, les collections existent, elles sont riches, souvent uniques — encore faut-il qu'elles soient découvrables. C'est tout l'enjeu de la formation que Cocktail Culturel propose désormais aux professionnels des bibliothèques et des institutions culturelles.
Qu'est-ce que la découvrabilité ?
Le ministère de la Culture la définit ainsi : la découvrabilité d'un contenu numérique, c'est sa capacité à être repéré parmi une masse considérable d'autres contenus, y compris par une personne qui n'en faisait pas la recherche précise.
Le terme n'a rien d'anecdotique. Il s'inscrit dans une histoire longue, qui remonte au rapport Voix multiples, un seul monde de l'UNESCO et à la Déclaration universelle sur la diversité culturelle, jusqu'aux réflexions les plus récentes sur la plateformisation et la datafication des contenus. Trois logiques s'y affrontent en permanence : celle du secteur public, soucieux de souveraineté ; celle du secteur privé, qui défend son modèle économique ; celle du secteur civique, qui cherche un usage démocratique et durable du numérique.
Une formation construite autour d'un processus en 5 étapes
Plutôt que de traiter la découvrabilité comme une simple question de référencement, la formation adopte une approche globale, calquée sur le cycle de vie du document en bibliothèque :
- Description — métadonnées, catalogage, transition bibliographique vers le web sémantique, enjeux de conservation et de mutualisation des données.
- Politique documentaire (Poldoc) — comment arbitrer entre neutralité, pluralisme, inclusion et attractivité ; comment justifier des choix documentaires face à des élus ou des usagers.
- Médiation — accueil des publics, facing, animation, action hors les murs, place de l'intelligence artificielle générative dans les nouvelles pratiques.
- Graphisme — sémiologie de l'image, dimension formelle et perceptive, cohérence de la charte visuelle, déclinaison web/print.
- Distribution — SEO, SMO, GEO (référencement dans les IA génératives), SEA, relations presse : les leviers concrets pour faire remonter l'information.
Chaque étape est reliée à un même fil rouge : quelle relation construit-on avec le public, quelle valeur sociale porte-t-on, quel impact peut-on mesurer ?
Des mises en situation plutôt que de la théorie descendante
Le format pédagogique s'appuie sur des exercices pratiques directement inspirés du terrain : identifier des mots-clés à partir de vidéos YouTube à succès, arbitrer entre des choix documentaires volontairement inconfortables, construire un brief graphique sans recourir aux poncifs (« moderne », « joli », « dynamique »), ou encore imaginer un nouveau service de découvrabilité pour sa propre structure. L'objectif n'est pas de fournir une réponse unique, mais d'outiller un raisonnement transposable à chaque contexte territorial.
Cocktail Culturel comme étude de cas
La formation s'appuie notamment sur le cas de Cocktail Culturel lui-même, dont le fonctionnement illustre concrètement chacune des cinq étapes : un algorithme déterministe (et non probabiliste) analyse des vidéos YouTube pour en extraire des métadonnées, puis propose des recommandations de collections en colonne de droite, sans exploiter les données personnelles des usagers. Le dispositif a déjà fait ses preuves : plus de 100 sites créés, 700 sites maintenus, 475 000 vues cumulées sur LinkedIn, un prix de l'innovation et six publications scientifiques en cours d'évaluation d'impact — dont une étude menée avec les Master 1 Métiers du livre de l'université de Clermont Auvergne.
Pour qui, et pourquoi maintenant
Cette formation s'adresse aux bibliothécaires, responsables de réseaux de lecture publique, chargés de communication et décideurs territoriaux qui souhaitent :
- comprendre les enjeux réglementaires (loi Robert) et politiques de la découvrabilité ;
- structurer une argumentation face aux élus sur les choix de collections et de communication ;
- s'approprier des outils concrets de SEO, SMO, GEO et de médiation numérique ;
- anticiper les mutations liées à l'IA générative, sans perdre de vue la mission de service public.
Dans un contexte où 76 % des bibliothèques municipales disposent d'un site web, mais où la fréquentation des portails reste marginale face aux réseaux sociaux, cette formation propose une réponse méthodique — et incarnée — à une question devenue centrale pour tout le secteur culturel : comment être vu, sans renoncer à ses valeurs.
Formation animée par Ludovic Piquemal. Pour connaître les prochaines sessions, contactez l'équipe Cocktail Culturel.

